22/09/2007

Marguerite Yourcenar

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Marguerite Yourcenar, de son vrai nom Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour (Bruxelles, 8 juin 1903 - Mount Desert Island, États-Unis, 17 décembre 1987) est une écrivaine française.

Elle fut la première femme élue à l'Académie française en 1980, après un soutien actif de Jean d'Ormesson, qui composera le discours de sa réception.

Née dans une maison de l'Avenue Louise d'une mère belge (Fernande de Cartier de Marchienne) qu'elle perd à la naissance (10 jours après sa naissance), Marguerite de Crayencour est élevée chez sa grand-mère paternelle (dont elle fait dans Archives du Nord un portrait à l'acide) par son père, un Français, anticonformiste et grand voyageur très cultivé. Elle vit jusqu'en 1912 à Lille et dans une propriété familiale située au Mont Noir (Nord). Elle passe la première partie de son baccalauréat à Nice, sans avoir fréquenté l'école. Son premier poème dialogué, Le Jardin des chimères, est publié à compte d'auteur en 1921 et signé Yourcenar, quasi-anagramme de son nom de famille. Elle accompagne son père dans ses voyages (Londres pendant la Première Guerre mondiale, le sud de la France, la Suisse, l'Italie où elle découvre avec lui la Villa Adrianna à Tivoli). Elle l'observe, assiste à ses amours (dont elle fera la trame de Quoi ! L'éternité). En 1928, elle écrit son premier roman, d'inspiration gidienne mais d'un style précis, froid et classique, Alexis ou Le traité du vain combat. Il s'agit d'une longue lettre d'un homme, musicien renommé, qui confesse à son épouse et son homosexualité et sa décision de la quitter dans un souci de vérité et de franchise. La "Monique" du texte n'est autre que le grand amour du père de Yourcenar, Jeanne de Reval, par ailleurs ancienne condisciple de sa mère. Après la mort de son père, en 1929 (après qu'il ait lu le premier roman de sa fille), Marguerite Yourcenar mène une vie bohême entre Paris, Lausanne, Athènes, les îles grecques, Istanbul, Bruxelles... Elle aime des femmes et tombe amoureuse d'un homme pourtant homosexuel, André Fraigneau, écrivain moyen et éditeur chez Gallimard. Suivront les Nouvelles orientales, échos de ses voyages, recueil inégal, Feux, composé de textes d'inspiration mythologique ou religieuse entrecoupés d'apophtegmes, où l'auteur triture dans tous les sens le thème du désespoir amoureux et des souffrances sentimentales, trois nouvelles qu'elle reprendra plus tard et qui donneront L'Œuvre au Noir (1968) et Un Homme obscur (1981) et Le Coup de grâce (1939), court roman d'une histoire d'amour impossible dans le cadre de la guerre polono-russe de 1920.

En 1939, son père est mort depuis dix ans, elle manque d'argent et l'Europe s'agite dangereusement. Elle part aux États-Unis pour rejoindre Grace Frick, son amie depuis 1937, avec qui elle vivra jusquà la mort de celle-ci en 1979 et s'installera à partir de 1942 sur l'île des Monts-Déserts (Mount Desert Island, dans le Maine). Elle y passera le reste de sa vie : citoyenne américaine en 1947, elle enseignera la littérature française jusqu'en 1949.

Son roman Mémoires d'Hadrien, en 1951, connaît un succès mondial et lui vaut le statut définitif d'écrivain, consacré en 1970 par son élection à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, et dix ans plus tard, par son entrée à l'Académie française. Elle indiquera plus tard avoir longtemps hésité, pour le choix de son sujet, entre l'empereur Hadrien et le mathématicien-philosophe Omar Khayyam.

Sa vie se partage entre l'écriture dans l'isolement de l'île des Monts-Déserts et de longs voyages, dont un périple autour du monde avec Jerry Wilson, son dernier compagnon. Elle meurt le 17 décembre 1987 aux États-Unis. Elle est enterrée au cimetière Brookside à Somesville (Maine).

Des romans historiques aux mémoires autobiographiques, l'œuvre de Yourcenar s'inscrit en marge du courant engagé de son époque avec ce retour à l'esthétisme et à la tradition, avec le désir d'affirmer la finalité de la Littérature : la narration. Inspirée par la sagesse orientale, la pensée de l'écrivain ne s'est jamais éloignée de l'humanisme de la Renaissance :

« Le véritable lieu de naissance est celui où l'on a porté pour la première fois un coup d'œil intelligent sur soi-même : mes premières patries ont été les livres. » (Mémoires d'Hadrien)
Une Correspondance choisie de Marguerite Yourcenar a été publiée chez Folio. On y apprend que c'est elle, végétarienne convaincue, qui a en premier attiré l'attention de Brigitte Bardot sur le sort des bébés phoques.

22:34 Écrit par Alain dans les grand Belge | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Fraigneau Votre commentaire au sujet d'André Fraigneau est inexact et partial. D'une part, il était lecteur chez Grasset et non chez Gallimard, qui a en revanche publié nombre de ses livres. D'autre part, avoir dédaigné les avances de Marguerite ne fait pas de lui un "écrivain moyen". Quiconque se donne la peine de le lire pourra constater l'ampleur de son talent.

Écrit par : Marianne Costa | 10/07/2008

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