21/09/2007

histoire du drapeau Belge

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LE DRAPEAU BELGE


Aujourd'hui que notre pays, la Belgique, est devenu un état fédéral divisé en 3 états, mais contenant 4 gouvernements (ceci pour ne pas déroger à la tradition belge), les Belges se demandent avec inquiétude si les gouvernants retiendront l'emblème national, le drapeau belge rouge, jaune et noir.

Mais pourquoi le rouge, le jaune et le noir, qui ne rappelle aucune affinité avec les anciennes provinces des Pays-Bas, comme le déclarait, dernièrement, un conteur de la télévision.

En compulsant avec curiosité divers anciens documents de la révolte de nos aïeux, datant du 30 mai 1787, nous trouvons que le peuple de Bruxelles opposa, aux couleurs de l'Empereur Joseph II, la cocarde tricolore brabançonne aux couleurs rouge, jaune et noire.

Il était de ce fait intéressant de rechercher l'origine et l'histoire de l'emblème national de notre patrie.




Nous avons retrouvé trace d'un drapeau, que nous devons considérer comme le premier emblème qui doit avoir été commun de notre territoire, c'était celui de la Lotharingie. Il présentait, suivant les lois de l'héraldique, trois bandes horizontales, le rouge, le blanc et le rouge, et il apparut à la fin du IXe siècle et disparut à la fin du XIIe siècle.

Lors de la naissance des armoiries et du morcellement dû à la féodalité, certaines principautés, comme le Brabant, le conservèrent encore pendant une certaine époque très restreinte.

Avec les ducs de Bourgogne, la bannière à la Croix de Saint-André rouge fut adoptée par la plupart des provinces des Pays-Bas, ceci au XVe siècle.

Les ducs de Bourgogne devaient certainement tenir les couleurs blanc et rouge de la Lotharingie, dont les Pays-Bas faisaient jadis partie ; il faut supposer que les ducs de Valois auraient ramené ces couleurs primitives lorsqu'ils unifiaient nos provinces éparses.

Lors du mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien de Habsbourg, les couleurs blanche et rouge sont restées, du fait qu'elles étaient également celles de la Maison d'Autriche.

Le mariage de Philippe le Beau avec Jeanne de Castille, ainsi que l'avènement de Charles Quint au trône d'Espagne apportèrent un amalgame avec les couleurs espagnoles, rouge et jaune, ce qui donna un drapeau à 3 bandes horizontales rouge, blanche et jaune, du début du XVIe à la fin du XVIIIe siècle.

Il faut, toutefois, remarquer que pendant la même période, le drapeau blanc à Croix de Saint-André rouge continua à figurer sur terre et surtout sur mer ; et parfois, l'on fit une combinaison des 2 drapeaux en ajoutant une petite croix rouge sur la bande blanche de l'étendard tricolore rouge, blanc et jaune.

Ces couleurs nationales restèrent utilisées jusqu'aux dernières années du règne de Joseph II. Il ne faut pas perdre de vue que Joseph II avait refusé, en 1781, de laisser adjoindre l'aigle impérial bicéphale à nos couleurs, n'en voyant pas la nécessité, du fait que notre pavillon était reconnu de longue date par les puissances étrangères. Subitement, le 26 mars 1786, Joseph II décida que le seul drapeau autrichien, rouge, blanc et rouge fut rendu public, nous rendant ainsi, sans le vouloir, nos couleurs nationales primitives.

Toutefois, ce drapeau ne fut qu'éphémère, la révolte brabançonne grondait.

Le 30 mai 1787, le peuple bruxellois opposa aux couleurs de l'Empereur la cocarde de la révolte, mais ne choisit pas les couleurs des Pays-Bas qui rappelaient trop celles de l'Autriche.

Les Bruxellois adoptèrent la cocarde tricolore brabançonne aux couleurs rouge, jaune et noire.

La révolte gagna nos provinces, et les drapeaux, qui précédaient les unités des volontaires étaient d'une grande diversité.

Mais les couleurs brabançonnes y prédominaient, car elles avaient l'avantage d'être comparables à celles des comtés de Flandre, de Hainaut et de Namur.

La restauration autrichienne, la domination française et le Royaume-Uni des Pays-Bas ne les firent pas oublier, car le 26 août 1830, elles réapparurent sur l'hôtel de ville de Bruxelles et à la tête de la garde bourgeoise de la capitale.

Le 30 septembre 1830, le gouvernement provisoire adopta officiellement les couleurs rouge jaune et noire, imité par le Congrès national.

Il faut remarquer que les bandes étaient placées horizontalement suivant les lois de l'héraldique, c'est-à-dire, le rouge en haut, le jaune au milieu et le noir en bas.

Le 23 janvier 1831, un arrêté du gouvernement provisoire, sans que l'on puisse déceler la nouvelle décision, décida de prendre la disposition verticale et de porter le rouge tenant la hampe.

Mais le 12 octobre de la même année, une dépêche du Ministère de l'Intérieur prescrivit de porter le noir tenant la hampe, et ceci sans tenir compte que la disposition verticale était contraire aux lois de l'héraldique.

Et pour terminer, sans chauvinisme, nous devons déclarer que nos couleurs nationales actuelles sont plus anciennes que les couleurs françaises apparues pour la première fois en 1789, et que les italiennes datent de 1794.


Louise STARCK-CLAESSENS

15:01 Écrit par Alain dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |