31/10/2007

René Magritte

René Magritte

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René Magritte, né le 21 novembre 1898 à Lessines et mort à Bruxelles le 15 août 1967, est un peintre surréaliste belge.

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Biographie:

Une caisse auprès de son berceau, la récupération d’un ballon de navigation échoué sur le toit de la maison familiale, la vision d’un peintre dans un cimetière... De trois souvenirs de sa petite enfance passée à Lessines, dans le Hainaut : Magritte en gardera toute sa vie le goût du mystère et du contraste.

Son père est tailleur et sa mère modiste. Leurs affaires marchent mal et son enfance se passe en déménagements constants de Gilly à Charleroi. Au seuil de son adolescence sa mère se suicide par noyade. Il est confié à sa grand-mère. Il se passionne alors pour les films de Fantômas, lit Robert Louis Stevenson, Edgar Allan Poe, Maurice Leblanc et Gaston Leroux. Un an plus tard, lors d’une fête foraine à Charleroi, il rencontre une fille de treize ans dont le père est boucher à Marcinelle. Elle s’appelle Georgette et si la vie les sépare quelque temps, elle finit par les réunir pour toujours. Georgette, c’est « l’amour fou », la muse, l’unique modèle.

En 1916, Magritte s’inscrit à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles et suit les cours de littérature de G. Van Eekhoud et ceux du peintre Constand Montald. Il rencontre E. L. T. Mesens et Marcel Lecomte qui l’introduisent dans le milieu Dada. Il doit à Marcel Lecomte, ou selon Louis Scutenaire à Mesens, sa plus grande émotion artistique : la découverte d’une reproduction de la « Chanson d’amour » (parfois traduite le Chant d’amour) de Giorgio de Chirico. « Mes yeux ont vu la pensée pour la première fois » écrira-t-il en se souvenant de cette révélation. Il se lie aussi avec Paul Nougé et Louis Scutenaire. En 1926, il peint soixante tableaux et prépare une exposition personnelle à la galerie Le Centaure.

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En 1927, il quitte la Belgique et s’installe au Perreux-sur-Marne, (Val-de-Marne). Il rencontre les surréalistes (André Breton, Paul Éluard, Max Ernst, Salvador Dalí) et participe à leurs activités. Il rentre à Bruxelles en 1930. Le succès vient lentement grâce au marchand Iolas et à l’Amérique. Le reste de sa vie se passe en expositions belges et internationales (New York, Rome, Rotterdam, Stockholm).

Entre 1931 et 1936, il participe à une petite entreprise de publicité[3], une activité publicitaire alimentaire qu’il exerce certainement pas par vocation et qui s’est étendue sporadiquement entre 1918 et 1965.

Il meurt d’un cancer à soixante-neuf ans. Il est enterré aux côté de son épouse Georgette au cimetière communal de Schaerbeek. Sa sépulture fait l’objet d’une procédure de classement comme monument et site.

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Son œuvre:

Ses peintures jouent souvent sur le décalage entre un objet et sa représentation. Par exemple, un de ses tableaux les plus célèbres est une image de pipe sous laquelle figure le texte « Ceci n’est pas une pipe » (la trahison des images, 1928-29). Il s’agit en fait de considérer l’objet comme une réalité concrète et non pas en fonction d’un terme à la fois abstrait et arbitraire. Pour expliquer ce qu’il a voulu représenter à travers cette œuvre, Magritte a déclaré ceci : « La fameuse pipe, me l’a-t-on assez reprochée ! Et pourtant, pouvez-vous la bourrer ma pipe ? Non, n’est-ce pas, elle n’est qu’une représentation. Donc si j’avais écrit sous mon tableau « ceci est une pipe », j’aurais menti ! »

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La peinture de Magritte s’interroge sur sa propre nature, et sur l’action du peintre sur l’image. La peinture n’est jamais une représentation d’un objet réel, mais l’action de la pensée du peintre sur cet objet. Magritte réduisait la réalité à une pensée abstraite rendue en des formules que lui dictait son penchant pour le mystère : « je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées », déclara-t-il. Son mode de représentation, qui apparaît volontairement neutre, académique, voire scolaire, met en évidence un puissant travail de déconstruction des rapports que les choses entretiennent dans la réalité. Magritte excelle dans la représentation des images mentales. Pour Magritte, la réalité visible doit être approchée de façon objectale. Il possède un talent décoratif qui se manifeste dans l’agencement géométrique de la représentation. L’élément essentiel chez Magritte, c’est son dégoût inné de la peinture plastique, lyrique, picturale. Magritte souhaitait liquider tout ce qui était conventionnel.

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 « L’art de la peinture ne peut vraiment se borner qu’à décrire une idée qui montre une certaine ressemblance avec le visible que nous offre le monde » déclara-t-il. Pour lui, la réalité ne doit certainement pas être approchée sous l’angle du symbole. Parmi les tableaux les plus représentatifs de cette idée, La Clairvoyance (1936) nous montre un peintre dont le modèle est un œuf posé sur une table. Sur la toile, le peintre dessine un oiseau aux ailes déployées.

Un autre tableau, La Reproduction interdite(1937) montre un homme de dos regardant un miroir, qui ne reflète pas le visage de l’homme mais son dos. De la même manière, la peinture n’est pas un miroir de la réalité.

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Peintre de la métaphysique et du surréel, il a traité les évidences avec un humour corrosif, façon de saper le fondement des choses et l’esprit de sérieux. Il s’est glissé entre les choses et leur représentation, les images et les mots. Au lieu d’inventer des techniques, Magritte a préféré aller au fond des choses, user de la peinture qui devient l’instrument d’une connaissance inséparable du mystère:

« Dans mon enfance, j’aimais jouer avec une petite fille, dans le vieux cimetière désaffecté d’une petite ville de province. Nous visitions les caveaux souterrains dont nous pouvions soulever les lourdes portes de fer et nous remontions à la lumière, où un artiste peintre, venu de la capitale, peignait dans une allée du cimetière, très pittoresque avec ses colonnes de pierres brisées jonchant les feuilles mortes. L’art de peindre me paraissait alors vaguement magique et le peintre doué de pouvoirs supérieurs. » (Conférence, 1938, Magritte)

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26/10/2007

Hélène Dutrieu

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Hélène Dutrieu est née à Tournai le 10/7/1877. Nous n’avons pas beaucoup d’informations sur ses premières années, excepté qu’elle était la fille d’un officier de l’armée belge.

A l’age de 14 ans elle doit déjà gagner sa vie. Etant très sportive, elle fait du vélo et gagne le championnat mondial de vitesse sur piste à Ostende, aussi bien en 1897 qu’en 1898. Ses amis et connaissances l’appellent ‘La flèche humaine’.

Après ses prestations, elle utilise ses aptitudes sportives pour donner des représentations sensationelles dans un music hall.

En 1908 elle est contactée par l’usine Clément Bayard avec une proposition d’être la première pilote sur un nouvel avion extra léger, la Demoiselle.

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Son premier vol ne dure que quelques secondes et se termine dans une grande flaque d’eau avec un avion complètement détruit… (l’instruction qu’elle avait reçue avant de voler était vraiment minimale).

Apparemment cette première expérience ne lui a pas fait peur, bien au contraire. Elle apprend vraiment à voler, d’abord avec la Demoiselle, puis avec un biplan de Roger Sommer.  Quand elle fait un crash avec ce dernier avion contre une cheminée à Odessa, elle ne reçoit plus de nouvel avion pour participer à une semaine aérienne en Champagne en juillet 1910.

Elle doit donc chercher un autre appareil. Finalement elle parvient à trouver un avion Farman sans moteur et, par après, un moteur du type Gnôme, ce qui lui permet de continuer ces exploits aériens. 

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En 1910, la Belgique connaît ses premiers meetings aériens, et Hélène Dutrieu brille comme unique femme parmi les participants lors de son premier meeting au Kiewit à Hasselt.

Le 25 novembre 1910 elle reçoit le premier brevet aérien belge attribué à une femme avec le numéro le 27, ce qui veut dire que 26 hommes avaient obtenu un brevet avant elle. Au niveau mondial elle est la deuxième femme, après la baronne de Laroche, une française.

Le 22 décembre 1910, en France,  elle gagne la coupe Femina, ainsi qu’en 1911. Elle gagne beaucoup d’autres prix et est invitée à des meetings aériens à l’étranger: en Italie, Pays Bas, Angleterre et les Etats Unis.

Quand la première guerre mondiale commence elle a dèjà arreté de voler. A la demande du général Février elle prend la direction des ambulances de l’Hopital Messimi, avant de devenir directrice de l’hopital de campagne à Val-de Grâce.

Après la guerre elle devient journaliste et se marie en 1922 avec l’homme de lettres Pierre Mortier.

Bien qu’elle ait des liens très forts avec la France depuis 1914, elle n’oublie pas la Belgique: en 1956 elle crée un prix franco-belge ‘Hélène Dutrieu’, réservé aux pilotes féminines françaises et belges.

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Hélène Dutrieu, appélée ‘Quart de Vichy’ par ses amis à cause de sa petite stature, meurt le 26 juin 1961 à Paris, après une vie fascinante pleine de changements, vie où son courage et sa sportivité étaient appréciés autant que son sens de l’humour.

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14:44 Écrit par Alain dans les grand Belge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/10/2007

Marguerite Bervoets

Marguerite Bervoets

Marguerite Bervoets est née à la Louvière en 1914 dans une famille

bourgeoise. Enfant unique, Guibout, comme elle s'appelait elle-même depuis qu'elle était toute petit en contractant les sonorité de son prènom et de son

nom, s'est très vite distinguée par une personnalité forte et indépendante.

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Marguerite Bervoets (1914 - 1944) est une résistante belge pendant la Seconde Guerre mondiale. Professeur à Tournai lors de l'invasion allemande de 1940, elle fait paraître dès 1941 un hebdomadaire clandestin, « La Délivrance ». Arrêtée et jugée, elle est exécutée en Allemagne le 7 août 1944.

En août 1942, Marguerite Bervoets et l'une de ses camarades reçoivent l'ordre de photographier le terrain d'aviation de Chièvres. Les deux jeunes filles emportent un sac à provisions et des pellicules en partie utilisées. Elles gagnent les abords du terrain et commencent à prendre des clichés. Une sentinelle allemande les surprend et les conduit devant un officier. Les jeunes filles, montrant leur sac, lui affirment qu'elles reviennent d'une ferme et voulaient juste faire quelques photos du paysage, pour terminer leurs pellicules. Malheureusement, le lieutenant allemand ordonne une enquête. Au domicile de Marguerite, on découvre quelques armes. La jeune fille avait, semble-t-il, pressenti son destin. Au lycée, elle citait souvent cette phrase de Maeterlinck : "Il est beau de savoir se sacrifier lorsque le sacrifice apporte le bonheur aux autres hommes".

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Sa lettre d'adieu:

La lettre d'adieu qu'elle écrivit à son amie figure dans l'Anthologie de la Résistance de Pierre Seghers. La voici :

Mon amie,

Je vous ai élue entre toutes, pour recueillir mes dernières volontés. Je sais en effet que vous m'aimez assez pour les faire respecter de tous. On, vous dira que je suis morte inutilement, bêtement, en exaltée. Ce sera la vérité... historique. Il y en aura une autre. J'ai péri pour attester que l'on peut à la fois aimer follement la vie et consentir à une mort nécessaire. A vous incombera la tâche d'adoucir la douleur de ma mère. Dites-lui que je suis tombée pour que le ciel de Belgique soit plus pur, pour que ceux qui me suivent, puissent vivre libres comme je l'ai tant voulu moi-même; que je ne regrette rien malgré tout. À l'heure où je vous écris, j'attends calmement les ordres qui me seront donnés. que seront-ils? Je ne le sais pas et c'est pourquoi je vous écris l'adieu que ma mort doit vous livrer. C'est à des êtres tels que vous qu'elle est tout entière dédiée, à des êtres qui pourront renaître et réédifier. Et je songe à vos enfants qui seront libres demain. Adieu.

Cette lettre a été écrite le 11 novembre 1941 à son amie Madame Balasse de Guide, la biographe de "cette Wallonne au patronyme flamand" comme elle tient à le souligner. Il s'agit d'une sorte de testament comme en firent tous ceux qui menaient la lutte contre la barbarie, sachant que la mort pouvait frapper à tout moment. Deux ans plus tard, le 7 août 1944 à Wolfenbüttel, Marguerite Bervoets fut décapitée à la hache dans une prison nazie, à Wolfenbüttel.


En son honneur, un athénée porte son nom: Athénée Royal Marguerite Bervoets (école que fréquentèrent les frères Olivier et Christophe Rochus ainsi que de Justine Henin).

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