23/10/2007

Marguerite Bervoets

Marguerite Bervoets

Marguerite Bervoets est née à la Louvière en 1914 dans une famille

bourgeoise. Enfant unique, Guibout, comme elle s'appelait elle-même depuis qu'elle était toute petit en contractant les sonorité de son prènom et de son

nom, s'est très vite distinguée par une personnalité forte et indépendante.

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Marguerite Bervoets (1914 - 1944) est une résistante belge pendant la Seconde Guerre mondiale. Professeur à Tournai lors de l'invasion allemande de 1940, elle fait paraître dès 1941 un hebdomadaire clandestin, « La Délivrance ». Arrêtée et jugée, elle est exécutée en Allemagne le 7 août 1944.

En août 1942, Marguerite Bervoets et l'une de ses camarades reçoivent l'ordre de photographier le terrain d'aviation de Chièvres. Les deux jeunes filles emportent un sac à provisions et des pellicules en partie utilisées. Elles gagnent les abords du terrain et commencent à prendre des clichés. Une sentinelle allemande les surprend et les conduit devant un officier. Les jeunes filles, montrant leur sac, lui affirment qu'elles reviennent d'une ferme et voulaient juste faire quelques photos du paysage, pour terminer leurs pellicules. Malheureusement, le lieutenant allemand ordonne une enquête. Au domicile de Marguerite, on découvre quelques armes. La jeune fille avait, semble-t-il, pressenti son destin. Au lycée, elle citait souvent cette phrase de Maeterlinck : "Il est beau de savoir se sacrifier lorsque le sacrifice apporte le bonheur aux autres hommes".

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Sa lettre d'adieu:

La lettre d'adieu qu'elle écrivit à son amie figure dans l'Anthologie de la Résistance de Pierre Seghers. La voici :

Mon amie,

Je vous ai élue entre toutes, pour recueillir mes dernières volontés. Je sais en effet que vous m'aimez assez pour les faire respecter de tous. On, vous dira que je suis morte inutilement, bêtement, en exaltée. Ce sera la vérité... historique. Il y en aura une autre. J'ai péri pour attester que l'on peut à la fois aimer follement la vie et consentir à une mort nécessaire. A vous incombera la tâche d'adoucir la douleur de ma mère. Dites-lui que je suis tombée pour que le ciel de Belgique soit plus pur, pour que ceux qui me suivent, puissent vivre libres comme je l'ai tant voulu moi-même; que je ne regrette rien malgré tout. À l'heure où je vous écris, j'attends calmement les ordres qui me seront donnés. que seront-ils? Je ne le sais pas et c'est pourquoi je vous écris l'adieu que ma mort doit vous livrer. C'est à des êtres tels que vous qu'elle est tout entière dédiée, à des êtres qui pourront renaître et réédifier. Et je songe à vos enfants qui seront libres demain. Adieu.

Cette lettre a été écrite le 11 novembre 1941 à son amie Madame Balasse de Guide, la biographe de "cette Wallonne au patronyme flamand" comme elle tient à le souligner. Il s'agit d'une sorte de testament comme en firent tous ceux qui menaient la lutte contre la barbarie, sachant que la mort pouvait frapper à tout moment. Deux ans plus tard, le 7 août 1944 à Wolfenbüttel, Marguerite Bervoets fut décapitée à la hache dans une prison nazie, à Wolfenbüttel.


En son honneur, un athénée porte son nom: Athénée Royal Marguerite Bervoets (école que fréquentèrent les frères Olivier et Christophe Rochus ainsi que de Justine Henin).

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