17/02/2009

75ème

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Le 17 février 1934, le roi Albert 1er a demandé à son chauffeur de garer sa voiture sur le chemin de Bonnine pour s'adonner à sa passion: l'alpinisme.

Il est descendu au pied des roches dolomitiques de Marche-les-Dames.

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Le souverain était expérimenté : il a déjà vaincu, entre autres, le massif du Mont Blanc. Après une première ascension sans trop de difficulté, le roi a voulu profiter d’une luminosité favorable pour s'adonner une seconde fois à sa passion et entreprendre une dernière escalade.

Cependant, vers la fin de son ascension, il semble qu'il se soit agrippé à une roche désolidifiée par l’hiver. Il est en effet courant que les rochers des bords de la Meuse soient fragilisés par des infiltrations d'eau, et que la dolomie éclate ou se fissure avec le gel.

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Demain, mercredi, le prince Philippe assistera à Liège, au pied de la statue équestre d’Albert 1er, à une cérémonie commémorant le 100° anniversaire de la prestation de serment du roi Albert 1er et au 75ème anniversaire de son décès accidentel

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LA JOURNÉE TRAGIQUE DU 17 FEVRIER 1934

Le 17 février 1934 le Roi Albert quitte le château Laeken vers 12 heures 15 dans son cabriolet Ford (plaque n° 38 - Journal La Meuse du 17/2/1959) en compagnie de son valet de chambre Van Dijk. Arrivé à Boninne, en face du château Zualart, occupé aujourd'hui par le comte de Beaufort A., il suit le chemin qui conduit directement aux rochers de Marche-les-Dames. Il gare sa voiture à 900 mètres de la route de Hannut, dans une prairie. Tous deux se dirigent vers la falaise rocheuse par l'allée des chênes d'Amérique et atteignent le plateau boisé vers 13 heures 30.  Le Roi laisse Van Dijk sur un banc placé à proximité du sentier des crêtes. Il s'enfonce dans le bois, descend un ravin pour atteindre la route de Marche-les-Dames, peu fréquentée à cette époque. Il entreprend une première escalade. Pour lui, l'alpiniste expérimenté qui avait vaincu les grandes montagnes c'était un jeu d'enfant. Il aimait l'alpinisme et venait souvent à Marche-les-Dames. N'avait-il pas escaladé facilement, deux ou trois mois auparavant, accompagné du comte Edmond Carton de Wiart, châtelain de Brumagne, et de sa petite fille, alors âgée de seize ans l'aiguille rocheuse qu'on appelle aujourd'hui « le Rocher du Roi ». Le souverain  revient près de Van Dijk et constatant que le ciel est encore clair et qu'il pourrait attaquer un autre rocher avant la tombée du jour, il repart pour entreprendre l'ascension de l'« Inaccessible ». Il est 14 heures 30. Après avoir dit à son valet de chambre : « Suivez encore le sentier (chemin-promenade établi par le prince Antoine d'Arenberg) pendant 50 mètres, je vais profiter de l'heure qui me reste pour redescendre au pied des rochers et faire une escalade. Si mes dispositions sont bonnes, je ferai le passage difficile ». Il est 14 h 45.  Le temps s'écoule lentement, mais l'heure du rendez­vous est passée depuis une heure déjà. Aussi, Van Dijk s'inquiète.  Il sait que le Roi est ponctuel et qu'il doit rentrer à Bruxelles pour présider une réunion cycliste au Palais des Sports. Il sera bientôt 17 heures et rien n'apparaît.  Il s'avance le long des cimes et plie ses appels mais en vain.  Retraversant le plateau boisé dans la direction de Boninne,  il côtoie un tas de ballivaux que René et Arsène Jassogne de Boninne empilent à proximité du « Chemin des Soldats ». A la nuit tombante, vers 17 heures 30, Joseph Jassogne le  frère des deux bûcherons, arrive en camion Pour charger les pièces de bois. C’est à ce moment que Van Dijk revenant sans doute de la voiture royale, s'adresse au conducteur : « Je suis venu, dit-il, dans les rochers avec un ami qui s'est peut-être égaré. Je suis inquiet parce qu'il doit être absolument ce soir à Bruxelles. Ne voudriez-vous pas le rechercher avec moi ? ».  Les trois frères Jassogne acceptent mais René retourne à Boninne pour revenir bientôt avec des lampes-torches électriques. Les premières recherches commencent.  Le groupe aidé par les faisceaux lumineux suit la ligne des crêtes. Van Dijk lance des « Hou hou hou » répétés, lugubres, qui se répercutent de rochers en rochers, dans une nuit d'encre. Mais l'ami ne répond pas. Les quatre hommes décident de descendre le ravin, « li chairotte » comme on dit dans le pays, sentier de la préhistoire, qui contourne à gauche un grand rocher, à proximité du « Rocher aux corneilles ».

Dans les ronces, les éboulis de roches, les amas de feuilles, ils avancent avec mille précautions et atteignent difficilement la route de Marche-les-Dames à Namur Ils n'ont rien vu. Ils se dirigent alors vers le passage à niveau, « Au coirbeau » et demandent à la garde-barrière, Adèle Fiévez, épouse Bouchat Ernest, si elle n'a pas aperçu un homme assez grand, muni de cordes. Sur la réponse négative de la femme, Van Dijk demande ou l'on pourrait trouver un poste téléphonique. Les frères Jassogne conduisent leur compagnon de recherches à « l'hôtel de la gare » à Marche-les-Dames. Il est environ 19 heures. Dès l'entrée, l'étranger offre une consommation aux trois bûcherons, puis sans leur donner aucune explication, Van Dijk demande à Mr Haine, le propriétaire de l'hôtel, la permission d’utiliser le téléphone. Ce dernier acquiesce et se retire du salon ou se trouve l'appareil téléphonique pour rejoindre dans la salle de café les trois frères Jassogne qu'il connaît très bien. Ceux-ci lui exposent la situation. La communication rapidement établie et terminée, le valet de pied du Roi, qui ne s'est jamais fait connaître, rentre au café et déclare à Mr Haine, « Je recherche un ami dans les rochers.  Pourvu qu'il ne soit pas accidenté ». Puis demandant aux trois Jassogne de retourner à la voiture, il donne à Joseph la clé du «coupé-sport » en cas où son ami aurait retrouvé son chemin. Il lui remet aussi sa carte de visite, après avoir soigneusement rayé son adresse et indique le numéro de téléphone de l'hôtel. Les trois Boninnois regagnent leur domicile par la route de Gelbressée empruntant le chemin du Parc National et passent à côté de la voiture abandonnée. Ils sont intrigués par le numéro de la plaque minéralogique qui est très court. L'alpiniste n'a pas rejoint sa voiture. Entretemps, Van Dijk continue les recherches tu pied des rochers, muni d'une torche électrique. Mais devant l'inutilité de ses efforts, il retourne à « l'hôtel de la gare ». Il se met aussitôt en liaison avec le poste téléphonique communal de Boninne. Les frères Jassogne rentrant au village au même moment, lui annoncent n’avoir rien aperçu aux environs du cabriolet : l'ami n'est pas là. Il leur demande alors de remettre les clés à un automobiliste qui s'arrêtera sous peu en face du château de Boninne. Le serviteur du Roi est abattu. Il se remet en communication avec Bruxelles d'où on lui annonce l'arrivée imminente de secours. M. Haine encourage son visiteur et lui offre son aide et celle de ses proches voisins. Van Dijk remercie et, en le quittant, lui dit : « Je m'appelle Van Dijk, n'oubliez pas mon nom ». Et il alla de nouveau au pied de la « Roche aux corneilles » attendre les secours de Bruxelles.  C'est vers 19 heures que le château de Laeken fut averti de la disparition du Roi.

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La ville de St Quentin (France) fit ériger une statue élaborée par E.Diodi et inaugurée le 21/07/1936.
Le Roi Chevalier est entouré du Coq Wallon et du Lion Flamand.

Source:  Extrait de E. TONET